HISTOIRE DE L'ANCIEN CIMETIÈRE DE LA GARNACHE
Un passé marqué par les guerres de Religion.
Au XIVème siècle, en 1380, la seigneurie de La Garnache entre dans la famille de Rohan à travers Alain VIII, vicomte de Rohan, grâce à son mariage avec Béatrix, la fille d’Olivier V de Clisson. Leur descendante, Françoise de Rohan (1540-1591), une cousine d’Henri IV convertie au protestantisme, entraîne avec elle la ville de La Garnache, qui devient un bastion réformé jusqu’au XVIIème siècle (lorsque Louis XIII ordonnera le démantèlement des fortifications). Entre décembre 1588 et janvier 1589, un siège meurtrier oppose les troupes catholiques et protestantes. On estime à environ 300 le nombre de morts (principalement catholiques).
Selon certains témoignages, les soldats catholiques auraient été inhumés près de l’église paroissiale. Toutefois, cette zone étant alors sous contrôle protestant, et située dans l’enceinte de la ville fortifiée, cette hypothèse semble peu probable. Il est plus vraisemblable que les sépultures aient été creusées en dehors des remparts de l’époque (actuellement sur le site du stade du Genêt).
Les corps des défunts protestants sont inhumés au Faubourg Saint Thomas, inaugurant ainsi le « cimetière protestant » de La Garnache.
L’évolution des lieux de sépulture à La Garnache.
Un cimetière catholique fut créé au sud de l’église de la ville, le long de la rue du Château. Il fut désaffecté en 1770 lors des travaux de reconstruction du monument. Les corps des défunts ont alors été déplacés dans un champ de la Route de Paulx.
En 1828, ce cimetière est à nouveau transféré… précisément à l’emplacement de l’ancien cimetière protestant du Faubourg Saint Thomas.
Pour répondre à l’accroissement constant de la population de la commune, et face au nombre de défunts qui augmente, un nouveau cimetière, complémentaire à l’ancien, a été bâti près de l’ancienne gare, au début des années 2000.
En résumé.
L’ancien cimetière de La Garnache, situé Rue du Faubourg Saint Thomas face au château, incarne le complexe héritage religieux de la commune : lieu de sépultures protestantes à la fin du XVIIème siècle, devenu par la suite cimetière catholique. Aujourd’hui, il demeure un site de mémoire, où subsistent encore quelques traces protestantes et traditions locales.