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HISTORIQUE DES CIMETIÈRES DE PORT-LOUIS
L’existence de mégalithes aux alentours de Port-Louis (cairns de l’île St Michel, de l’île aux Souris ou du Goërem à Gavres) nous témoignent d’une occupation humaine préhistorique.
Au cours des siècles, ceci fait un bon nombre de morts naturelles auxquelles il faut ajouter celles dues aux guerres ou aux épidémies. Selon le lieu ou l’époque, les cadavres étaient traités par la crémation ou par l’inhumation. C’est la technique de l’inhumation qui a été adoptée par la chrétienté.
Ce n’est qu’au moyen-âge que les tombes ont été regroupées en cimetière. Le mot cimetière vient d’un terme grec qui signifie dortoir. Le cimetière est donc un lieu de repos et tout naturellement on a enterré les morts à proximité des églises et préférentiellement à l’intérieur même des églises. Pendant longtemps, le cimetière était ouvert à tout venant, y compris aux animaux.
Les églises de Port-Louis.
Au moyen-âge, notre localité portuaire, alors appelée Blavet, comportait deux hameaux :
Locmalo, du côté de la Petite Mer, avec une petite chapelle, aujourd’hui totalement disparue, dédiée à saint Malo puis à sainte Marguerite.
Locpéran, du côté de la rade (quelques chaumières groupées autour d’une chapelle dédiée à saint Péran puis à saint Pierre à partir du XIIIe siècle). Cette première chapelle, dont nous n’avons aucune description, bâtie probablement au XIIe siècle, était de style roman.
En 1559, elle a été détruite et remplacée par une nouvelle chapelle Saint-Pierre, de style gothique flamboyant. Un cimetière lui était contigu, mais nombre de personnes étaient enterrées sous les dalles de l’église.
L’actuelle chapelle Saint-Pierre date de 1861.
En 1618, sous le règne de Louis XIII, Blavet devient Port-Louis et connaît un important développement. Une autre église est construite, en 1657 à l’initiative du duc de la Meilleraye, gouverneur de Port-Louis. Dédiée à Notre-Dame de l’Assomption, elle va progressivement devenir le centre de la ville et avoir son cimetière.
En 1675, les Franciscains du couvent de sainte Catherine en Locmiquélic sont transférés à Port-Louis dans un nouveau couvent, le couvent des Récollets. Bordé par la rue de la Citadelle au nord, l’actuelle rue de l’Hôpital à l’est, les remparts au sud, il s’étendait à l’ouest jusqu’aux Pâtis. L’église, disparue depuis la Deuxième Guerre mondiale, était dédiée à saint François. Les moines mais également des personnalités y étaient enterrées jusqu’en 1775.
Lors de la Révolution, Port-Louis, devient Port-Liberté. Les religieux des Récollets quittent leur couvent et leurs biens sont vendus comme biens nationaux. En 1800, l’hôpital maritime s’y installera jusqu’en 1936.
Notre-Dame de l’Assomption et la chapelle saint-Pierre sont converties en dépôt de matériel.
Le cimetière de N.D. de l’Assomption est transféré à Kerzo.
Les cimetières de Port-Louis
Le cimetière de Saint-Pierre s’étendait au nord de la chapelle jusqu’aux remparts et comportait un ossuaire. D’abord largement ouvert, il avait été ensuite entouré de murs qui ont été détruits en 1852.
À la fin du XXe siècle, on pouvait encore voir sur la petite place qui jouxte la chapelle une ancienne dalle tombale portant des fragments d’inscription. Cette pierre a disparu…
De même, lors de travaux à l’intérieur de la chapelle, en 1919, on avait trouvé de nombreux ossements sous les dalles.
Le cimetière de Notre-Dame occupait la place Notre-Dame actuelle (ornée de sa fontaine), le jardin des cloches au nord de l’église et une bande le long de la rue de la Poste.
À une époque où le tout-à-l’égout n’existait pas, il était courant de jeter ses eaux usées par les fenêtres, habitude dont ne se privaient pas les habitants de la rue de la Poste dont les fenêtres donnaient sur le cimetière.
Un mur d’enceinte a été construit, muni d’un portail en 1728.
Malgré l’existence du cimetière, on enterrait toujours dans l’église : les bourgeois sous les bancs qui leur étaient attribués ; les officiers dans le chœur ; et d’autres sous les pierres du dallage. En raison des mauvaises odeurs et du risque d’épidémies, le Parlement de Bretagne interdit l’enterrement à l’intérieur des églises en 1755.
Lorsque le cimetière a été transféré à Kerzo, certains habitants ont ouvert des tombes et récupéré des pierres tombales au pied de l’église, pour divers usages.
Les cimetières particuliers
En 1706, un hôpital-hospice s’était installé dans une maison au Lohic et devint l’hôpital Saint- Louis qui recevait les pauvres, les marins et les soldats. En 1746, à l’occasion d’épidémies, on créa un cimetière provisoire.
En 1800, l’hôpital maritime occupa jusqu’en 1936 les anciens bâtiments du couvent des Récollets. Les filles de la Sagesse qui œuvraient dans l’hospice et dans l’hôpital maritime avait leur propre cimetière.
Au XXe siècle, des travaux d’agrandissement de l’école Sainte-Anne, près de la place au Bois, ont mis à découvert de nombreux ossements dont on n’a pas cherché à déterminer la provenance. Était-ce le cimetière des filles de la sagesse ou des Récollets ?
Le cimetière de Kerzo
Il a remplacé tous les autres cimetières de la ville à partir de 1796. Il était à l’origine situé à l’extérieur de la ville, sans voie d’accès carrossable, ouvert à tous vents et à tous animaux. On l’entoura successivement de talus, de fossés et d’ormes, puis partiellement de murailles. L’actuelle avenue Amiral Ronac’h fut ouverte en 1837, le cimetière agrandi de moitié en 1864 et la digue construite en 1907.
À l’origine, on n’avait prévu aucune allée, aucune structuration en îlots, aucune directive concernant l’orientation des tombes. Les personnalités de la ville se sont fait enterrées en périphérie du terrain, laissant la partie centrale aux moins aisés. La surface et l’orientation des tombes n’obéissait à aucune prescription.
Le monument aux morts a été inauguré solennellement en 1922. Des tombes militaires ont été alignées le long du mur ouest pour recevoir les dépouilles des décédés de l’hôpital maritime.
Le 28 septembre 1962, le maire, Eugène Tournay, soumet des améliorations du cimetière au conseil municipal :
- construction d’un mur de clôture en remplacement de la haie au nord-est. Le cimetière de l’hôpital-hospice sera prévu contre ce mur ;
- agrandissement du cimetière avec création d’un cimetière militaire avec, de part et d’autre, un cimetière pour enfants.
Le maire conclut : « Ces travaux libéreront 150 emplacements dans le cimetière actuel… D’autre part, ils permettront de rendre aux dépouilles mortelles de ceux qui sacrifièrent leur vie pour le pays l’hommage reconnaissant que mérite leur sacrifice ».
Le projet a été adopté à l’unanimité.
Ces dernières années, la crémation devenant de plus en plus fréquente, on a installé un columbarium, en 1997, le long de la haie sud-ouest, des cavurnes en 2005. Fin 2016, un «Jardin du souvenir » avec un puits-urne central a été créé au milieu des tombes pour accueillir les cendres des personnes incinérées. D’autres travaux sont prévus en 2026.
S’il existe actuellement une grande allée qui mène au monument aux morts et quelques allées parallèles ou perpendiculaires, bien des tombes sont encore encastrées les unes dans les autres et difficilement accessibles.
M. Richard
Bibliographie
Joseph BLAREZ, Écho de Notre-Dame de l’Assomption, N°6, 15 janvier 1923.
Henri-François BUFFET, Vie et Société au Port-Louis, Bahon-Rault, Rennes 1972.
Archives municipales.
Chroniques Port-Louisiennes – HS 24
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Adresse :
Place Notre Dame, CS 40018
56290 PORT-LOUIS
Tel : 02 97 82 59 59
Horaires :